Politique
Aziz Badarou
Louis Koukpemedji

Après la traque des faux médicaments : Nécessité de réunifier et d’assainir le sous-secteur

Source: Le Matin Libre

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Le sous-secteur pharmaceutique est secoué par une crise qui perdure depuis des années au Bénin. Difficile de s’accorder sur les mésententes, la famille des pharmaciens est depuis peu régie par deux différents ordres. Si l’opération de démantèlement des marchés illicites de faux médicaments, déclenchée il y a quelques jours, fait des pharmacies, les seules sources d’approvisionnement des populations en médicaments, le défi de la couverture intégrale du territoire national s’impose. Mais la crise au sein des pharmaciens ne semble point faciliter les choses.

En effet, conformément aux dispositions légales régissant la profession, tout prétendant à l’exercice de la profession de pharmacien  doit être inscrit à l’Ordre national des pharmaciens  pour être autorisé à exercer son art. Autrement, il ferait de l’exercice illégal de la profession et devra subir, une fois épinglé, la rigueur de la loi. Dans la situation actuelle de deux (02) ordres, les jeunes pharmaciens ne savent à quel ordre s’adresser pour les formalités. A quel ordre national des pharmaciens faut-il s’inscrire en vue de remplir les formalités pour exercer la profession ? Celui dirigé par le Président Charles Ainadou et dont le siège se trouve au Ministère ou encore l’aile dirigée par la Présidente MoutiatouToukourou ? C’est la question que se posent les jeunes pharmaciens. Quel Ordre aurait-il de crédibilité ?Une situation qui ne favorise guère une bonne régulation de la corporation. Avec la lutte musclée amorcée par la Rupture et qui se caractérise par la saisie d’importantes quantités de faux médicaments, il faudra impérativement assurer une couverture intégrale du territoire national en officines de pharmacies. Mais le fait que les juridictions nationales n’ont pu jusqu’à ce jour solutionner la crise en reconnaissant un seul Ordre des pharmaciens laisse sceptiques plus d’un quant à ce dernier défi de couverture du territoire en officines.

Le paradoxe est qu’ils sont très nombreux, ces pharmaciens, à ne pas pouvoir exercer pour ladite raison. Toute chose constituant une entorse à la disponibilité et l’accessibilité des médicaments de qualité pour les populations. L’objectif visé à travers la lutte contre l’industrie criminelle des faux médicaments serait donc loin d’être atteint. Le climat délétère caractéristique de la profession et le statu quo observé sont préjudiciables aussi bien pour les professionnels que pour les paisibles populations.

Assainir la corporation, c’est maintenant…

Outre la longue crise qui divise désormais la famille des pharmaciens, les sociétés grossistes sont également accusées d’alimenter le marché informel, violant ainsi les dispositions légales régissant le sous-secteur. Une situation qui inquiète et appelle à des actions subséquentes notamment l’inspection de toutes les sociétés grossistes afin que des sanctions soient infligées aux sociétés indélicates. De même, plusieurs pharmaciens feraient de l’exercice illégal de la profession en s’abstenant de s’inscrire à l’Ordre des pharmaciens du Bénin. Chose curieuse, la situation est davantage plus compliquée aujourd’hui pour les jeunes pharmaciens qui ne savent plus à quel Ordre s’inscrire pour exercer dans la légalité. Face à la situation qui inquiète plus d’un, le Président du Syndicat indépendant des pharmaciens du Bénin (Siphab), Dr Louis Koukpemedji déplore le fait que le secteur soit régi par un système de gouvernance et de régulation défaillant. Il faut donc que le gouvernement prenne également ses responsabilités pour protéger la santé des citoyens contre les dérives des pharmaciens par une saine régulation du secteur.

Aziz BADAROU

Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site Le Matin Libre. Jolome News n’offre aucune forme de garantie sur le contenu de cet article.

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