Culture
Teddy Gandigbe
Sala Brigitte Baley

Deuil dans le monde culturel : Marceline Aboh tire sa révérence des suites d’une crise cardiaque

Source: Le Matin Libre

marcelline-aboh

(Encore une pierre précieuse de perdue)
Celle que les béninois connaissent sous le pseudonyme de «Détin bonsoir» est partie. Marceline Aboh a tiré sa révérence dimanche 20 août 2017 des suites d’une crise cardiaque. Mère de huit enfants(trois garçons et cinq filles) la comédienne attitrée a cédé le tablier de la vie dans sa 77ème année. Ses débuts dans le monde théâtral remontent à une époque lointaine (1958),avec le groupe ‘’Les messagers’’ de l’église protestante méthodiste de Houézounmè puis, plus tard dans les années 1980 avec la compagnie ‘’Les échos de la capitale’’, une troupe féminine de théâtre où elle s’est affichée très tôt. Sa première représentation professionnelle s’était déroulée au Hall des arts. Parlant de la comédie elle a confié de son vivant dans une interview exclusive accordée au journaliste Donatien Gbaguidi «Je ne l’ai appris de personne. En fait dans mon enfance, j’étais une fille turbulente et agitée et ma mère était aussi une comédienne. Elle s’appelle Sala Brigitte Baley et les gens l’appelaient communément ‘’Titia’’ ». Aujourd’hui, cette fille turbulente d’antan devenue mémé plus tard a laissé derrière elle sympathie, humour et des œuvres de qualité qui font tâche d’huile dans les annales du théâtre béninois. Au-delà de la scène, l’actrice est connue dans le monde artisanal comme la première couturière brodeuse au Bénin.

Encore une icône de perdue sous le regard impuissant de l’Etat

Ce sont souvent les artistes qui sont victimes du mépris et de la désolation de la part du pouvoir central. De source proche de la famille, l’artiste souffre depuis bien longtemps et devait être évacuée dans la mesure du possible pour aller suivre les soins au-delà des frontières. Mais le manque de moyen aidant, sa propre famille n’a pas pu supporter toutes les charges devant permettre à la comédienne d’aller suivre ses soins à l’extérieur. Et dans ce sens l’Etat béninois comme d’habitude n’a pu  faire grande chose pour sauver la vie de l’artiste. Alors que cette pierre précieuse du monde artistique et culturel que le Bénin vient de perdre a été à plusieurs égards, une figure marquante de la comédie populaire béninoise, comme bien d’autres. Et si archive ordonnée il y avait, on doit pouvoir la citer parmi les pionnières du théâtre populaire au Bénin. Pour preuve à son palmarès, plusieurs trophées ont justifié son talent au plan national qu’à l’international. Si tant est que le Bénin souhaite réellement  révéler et promouvoir sa richesse culturelle à travers le tourisme tel que c’est ventilé, les principaux acteurs et animateurs du monde culturel doivent être les précieuses denrées à entretenir.

Teddy GANDIGBE

Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site Le Matin Libre. Jolome News n’offre aucune forme de garantie sur le contenu de cet article.

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