Politique
Patrice Talon
Boni Yayi

Editorial : L’apport de la diaspora

Source: Fraternité


Editorial : L’apport de la diaspora

La diaspora béninoise est fortement courtisée par le chef de l’Etat. Déjà en tant que candidat à la présidentielle, Patrice Talon avait mis un point d’honneur à échanger avec ses compatriotes vivant à l’extérieur. Ne pouvant aller à leur rencontre aux quatre coins du monde, il a choisi la capitale française pour se livrer à cet exercice. Le choix n’a pas été difficile, puisque l’essentiel de notre diaspora s’est établi dans l’Hexagone. 18 mois après son accession à la magistrature suprême, Patrice Talon est allé à nouveau entretenir ses compatriotes de l’extérieur sur les actions de son gouvernement. A ses côtés, figuraient plusieurs ministres qui ont apporté eux aussi leur grain de sel au bon déroulement de la séance. Cet intérêt manifeste du président de la République en direction des Béninois de l’extérieur est à saluer.
Avant lui, Boni Yayi s’est aussi livré à cet exercice à plusieurs reprises avec un plaisir renouvelé. Lors de ses séjours en Europe, en Amérique, en Asie et même en Afrique, il a toujours pris le soin d’aménager son emploi du temps pour prêter une oreille attentive aux préoccupations de la diaspora. Loin de chez eux, les Béninois ne se faisaient pas prier pour participer à ces rencontres dont ils voulaient être des témoins privilégiés. En dépit de la distance qui les a éloignée de leurs proches, les Béninois de la diaspora ne veulent en aucun cas rompre le lien ombilical qui les relie à la terre de leurs ancêtres. Comme le dit un proverbe africain, le séjour d’un tronc d’arbre dans l’eau ne le transforme pas en crocodile. Où qu’ils soient, ils seront toujours considérés comme des fils et filles du Bénin au même titre que ceux qui vivent sur le territoire national.
C’est d’ailleurs pour cette raison mais aussi dans le but de les inciter à participer au développement de leur pays, que le Haut conseil des Béninois de l’extérieur a été mis sur pied. Les résultats sont plutôt mitigés. Désireux de braver les obstacles qui empêchent la diaspora de s’intéresser de près à la vie socio-économique du pays, le gouvernement de Boni Yayi a pris les devants. C’est ainsi qu’en décembre 2013 a eu lieu le Forum national sur la diaspora. Il était question à cette rencontre qui a connu la participation de plus de 350 délégués d’échanger sur les problèmes qui freinent l’apport des Béninois de l’extérieur au développement de leur pays. Au terme de ces assises, au titre des recommandations, il a été retenu la création d’un cadre juridique et politique, la mise en place des instruments financiers pour les investissements, l’érection d’une maison de la diaspora, la création d’un fonds souverain et d’une banque de la diaspora.
Force est de constater que le suivi indispensable à la concrétisation de tous ces projets n’a pas été de mise. A proprement parler, ce forum n’a pas induit des retombées pour le pays. Ce n’est pas une raison pour dormir sur cet échec. Le Haut conseil des Béninois de l’extérieur a besoin d’un nouveau souffle. Patrice Talon qui est appelé à œuvrer en vue de la conjugaison de tous les efforts pour la réussite de son mandat ne peut se contenter d’échanger avec la diaspora. Il lui faut trouver les voies et moyens d’instauration d’un cadre de partenariat sérieux, durable et crédible. C’est à ce prix que l’engouement et l’enthousiasme manifestées la semaine dernière par les Béninois résidant à Paris seront monnayés en termes de projets concrets pour le pays. A Patrice Talon de faire le nécessaire.

11-10-2017, Moïse DOSSOUMOU


Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site Fraternité. Jolome News n’offre aucune forme de garantie sur le contenu de cet article.

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