Politique
Moïse Dossoumou

Editorial : Le combat pour les femmes

Source: Fraternité


Editorial : Le combat pour les femmes

La promotion de la femme est à l’ordre du jour. L’Assemblée nationale en fait une préoccupation constante. Désireuse de contribuer à la hausse du pourcentage de représentativité des femmes au parlement, la 7ème législature a pris le taureau par les cornes. Il y a quelques mois, en mars 2017, les élus du peuple se sont retrouvés à Agoué pour réfléchir sur la question. Au terme de ces assises, il ressort qu’il faille modifier certaines dispositions de la Constitution et du code électoral pour permettre aux femmes d’être mieux représentées à l’Assemblée nationale. Les semaines et les mois se sont écoulés, rien n’a pu être fait pour concrétiser cette réforme. Mais les députés n’ont pas pour autant enterré cette ambition. Croyant en l’avènement d’un parlement moins misogyne dès la 8ème législature, ils se sont remis en selle.
Une seconde fois, ils ont consacré un atelier à cette problématique avec le précieux concours de l’Union interparlementaire. C’était les 18 et 19 janvier derniers à Cotonou. Cette fois, les députés ont eu du renfort. Non seulement la première dame a rehaussé de sa présence les travaux, mais d’éminentes personnalités féminines, les organisations non gouvernementales, les confessions religieuses, les chefs traditionnels, pour ne citer que ces groupes, ont été associés à la réflexion. Les recommandations issues de cette rencontre parlementaire élargie à la communauté nationale corroborent celles qui ont sanctionné les travaux tenus à Agoué en mars 2017. Il est donc attendu des députés qu’ils prennent les initiatives subséquentes afin que le code électoral soit toiletté en faveur de la représentativité des femmes aux postes électifs.
En soi, ce n’est pas mauvais que les députés veuillent améliorer l’image de l’institution parlementaire qui n’a jamais atteint la barre de 10% en termes de représentativité des femmes. La législature actuelle compte seulement 6 femmes sur 83 élus. Ce faible taux avoisinant 8,4% place le Bénin au 172ème rang sur 193 pays. Alors que dans le même temps, les normes internationales recommandent à défaut d’une parité réelle une moyenne d’au moins 30%. Force est de constater que le Bénin a encore du chemin à faire. D’où l’intérêt des députés qui veulent faire bouger les choses de ce côté-là. Ce coup de pouce à venir est censé aider plus de femmes à gravir les marches menant au palais des gouverneurs. La démarche des députés est louable. Cela dénote de leur esprit d’ouverture et de leur engagement pour la cause de la femme. Mais, cette discrimination positive qu’ils veulent instituer profitera-t-elle réellement à la femme ?
Les femmes et les jeunes sont les animateurs clés des formations politiques. La plupart du temps, les femmes ont accepté jouer les seconds rôles. Ce sont elles en effet qui portent les hommes, qui les aident à réaliser leur dessein politique. Pendant que les hommes s’épanouissent sur le terrain politique à leurs dépens, elles se résignent et se lamentent alors qu’il aurait fallu qu’elles changent tout simplement de paradigme. Les femmes à elles seules constituent une force politique incontournable. Mais sont-elles conscientes de cet immense pouvoir qu’elles détiennent ? Assurément non ! Si elles prennent désormais la résolution de s’organiser pour s’entraider et s’épauler, elles vont facilement hisser leurs homologues aux postes électifs les plus convoités sans la sollicitude de la 7ème législature. Les femmes ont toutes les cartes en main pour faire le lobbying afin d’occuper des places de choix sur les listes électorales. Ce réveil qui tarde à venir sera beaucoup plus bénéfique que l’appui des députés.

23-01-2018, Moïse DOSSOUMOU


Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site Fraternité. Jolome News n’offre aucune forme de garantie sur le contenu de cet article.

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