Politique
Patrice Talon
Moïse Dossoumou

Editorial : Les femmes encore à la traîne

Source: Fraternité


Editorial : Les femmes encore à la traîne

Seulement quatre femmes ont bénéficié de la confiance du chef de l’Etat. Marie-Odile Attanasso, Adidjatou Mathys, Bintou Chabi Adam Taro et Aurélie Adam Soulé Zoumarou représentent la gent féminine au gouvernement. Ce choix du chef de l’Etat de ne solliciter que les services de quatre femmes est sévère. Sur 22 membres du gouvernement, les femmes n’ont obtenu que la portion congrue. Il est vrai que Patrice Talon a été clair au départ. Au lendemain de son élection, il avait affirmé son opposition à la quête de la parité dans les nominations aux postes de grande responsabilité. C’est pourquoi, les organisations de promotion de la femme ne se sont pas émues de ce qu’il n’ait réservé que trois postes aux femmes dans son premier gouvernement. 18 mois après, on est en droit de s’attendre à mieux. Hélas, les choses n’ont pas vraiment bougé.
En découvrant la liste des nouveaux membres du gouvernement, on comprend aisément que les femmes n’ont pas encore conquis le cœur du chef de l’Etat. A priori, ce n’est pas tant que Patrice Talon refuse de composer avec les femmes. Peut-être qu’à ses yeux, elles ne se sont pas véritablement mises en relief pour mériter sa confiance. En effet, l’action publique, dont la finalité se résume à l’intérêt général, exige beaucoup de privations de la part des serviteurs de l’Etat. Il faut être disposé à s’exposer, à encaisser les coups, à être l’objet de railleries et d’attaques diverses, sans perdre de vue l’objectif recherché. Emotives de nature, les femmes ne sont pas enclines à se livrer à la vindicte populaire. Leur image et celle de leur famille, leur importent beaucoup. D’où leur réticence à se hasarder sur la scène publique.
En dépit de ce cliché et des pesanteurs sociologiques, des femmes émergent dans leurs domaines d’activités et font parler d’elles. Nombre d’entre elles sont disposées à sortir de la masse et à servir l’Etat, pour peu qu’elles soient conviées autour des tables où sont prises les grandes décisions qui engagent la vie de la nation. Des femmes émancipées à même d’occuper avec succès des postes de ministres, de directrices générales de sociétés et offices d’Etat, les hautes fonctions publiques et administratives ne font pas défaut au Bénin. Il tarde simplement que les projecteurs soient braqués sur elles. Dans sa quête de compétences, Patrice Talon devrait accorder un peu plus d’attention à la gent féminine. Dans un monde en pleine évolution où le débat de la promotion de la femme se fait de plus en plus insistant, le Bénin gagnerait à s’inscrire dans cette dynamique.
Ailleurs, tout près de nous, en Afrique de l’Ouest précisément, les Libériens ont si bien compris l’enjeu qu’ils n’ont pas hésité à faire confiance à deux reprises à une femme pour les diriger. Le résultat est loin d’être mitigé. Nous n’en sommes pas encore là au Bénin. Pour que la situation des femmes s’améliore sensiblement chez nous, il leur revient d’abord de se prendre en charge elles-mêmes. On veut les voir davantage à l’œuvre dans les partis politiques. On veut les voir se battre pour leur positionnement sur les listes électorales. On veut les voir refuser de jouer les seconds rôles. C’est en opérant cette révolution qu’elles augmenteront leurs chances d’être mieux représentées au parlement et dans les autres instances politiques et administratives. En attendant ce renouveau, Patrice Talon ne perd rien à leur donner un coup de main en faisant davantage confiance aux femmes à l’avenir.

31-10-2017, Moïse DOSSOUMOU


Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site Fraternité. Jolome News n’offre aucune forme de garantie sur le contenu de cet article.

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