Politique
Angelo Dossoumou
Victor Hugo

En vérité : Moins de misère aux prisonniers !

Source: Fraternité


En vérité : Moins de misère aux prisonniers !

A la prison, pas en enfer. Pour de meilleures conditions de détention, la Rupture a décidé de changer de fusil d’épaule. Ce sera désormais avec l’« Agence pénitentiaire du Bénin ». Très bientôt, cette solution idoine au pays de Talon verra le jour. Mais déjà, le décret portant création, attribution, organisation et fonctionnement de l’Agence a été adopté. De même, le conseil des ministres a instruit le Garde des sceaux à mettre tout en œuvre pour le démarrage effectif de ses activités au plus vite. Et, elles se résument essentiellement à la gestion optimale des maisons d’arrêts et prisons civiles du Bénin.
Seulement, une Agence pour exercer les attributions actuelles de la Direction de l’Administration pénitentiaire et de la protection des droits humains, dans un contexte socio-politique où la suspicion est à son paroxysme, est diversement appréciée. A cet effet, la nouvelle Agence doit absolument convaincre de sa pertinence et traduire dans les actes, la volonté du gouvernement de renforcer le système judiciaire en améliorant l’état des prisons civiles et des maisons d’arrêt. Mais, avant que l’Agence n’entre dans ses prérogatives et ne réussisse à mettre les établissements pénitenciers aux normes requises, faisons-y un tour.
Là-bas, c’est la surpopulation et les conditions inhumaines. Mais, beaucoup de Béninois vous diront « tant pis ! ». Dans l’entendement collectif, un prisonnier, surtout s’il est un criminel, ne mérite aucun cadeau. Alors que le gouvernement en vienne à créer une Agence, pour mieux loger et nourrir des gaillards oisifs et en conflit avec la loi, je crois qu’il y a plus urgent et plus important.
D’abord, et on ne le dira jamais assez, si nos prisons sont surpeuplées, c’est la faute aux interminables procédures judiciaires. Et tant que des solutions idoines ne seront pas trouvées pour réduire les délais de comparution devant le juge, Agence ou pas, il ne faut pas s’attendre à un miracle. Ensuite, au Bénin entre maison d’arrêt et prison, la confusion est vite faite. En plus, il n’y en a pas suffisamment pour accueillir les divorcés sociaux et les rares, doivent, en principe, être délocalisés. C’est dire que l’Agence a du pain sous la planche.
Et surtout, entendons-nous que la mission de l’Agence ne sera pas exclusivement axée sur le volet « alimentation ». En plus clair, qu’il ne soit pas dit que mieux gérer les prestataires de services au profit des prisons et maisons d’arrêts, c’est une prouesse. Ou encore, que les conditions d’hygiène dans nos prisons et maisons d’arrêt en viennent à être meilleures, c’est déjà un acquis.
Car, il me plait, comme ailleurs, que nos prisons soient davantage des lieux de réinsertion. Aussi, que nos prisonniers, abonnés à ne rien faire, soient amenés à produire ne serait-ce que pour leur alimentation. C’est possible ! Le trésor public ne s’en portera que mieux. Et, c’est surtout à ce carrefour, que le peuple qui, comme Victor Hugo, aurait préféré « que le gouvernement ouvre les écoles et ferme les prisons », attend la nouvelle Agence. Autrement, je n’ose pas prédire qu’elle sera, une structure de plus. Peut-être pour moins de misère aux prisonniers. Mais, pas plus ni moins !

14-11-2017, Angelo DOSSOUMOU


Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site Fraternité. Jolome News n’offre aucune forme de garantie sur le contenu de cet article.

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