Politique
Angelo Dossoumou

En vérité : Obstinés malgré l’eau !

Source: Fraternité


En vérité : Obstinés malgré l’eau !

Des morts par dizaines, des sans-abris par centaines, des champs détruits, des écoles inondées, des maladies de toutes sortes, des désagréments et des risques qui, chaque année, se répètent. Une énième montée des eaux des fleuves Niger, Sota, Mono, et le macabre bilan agace. De Karimama à Malanville en passant par Athiémé à Grand-Popo, les dégâts cycliques, on en parle, et à coup sûr, dès la prochaine crue, on en reparlera.
Mais, d’autant qu’un homme prévenu en vaut deux, il n’y a pas de raisons que l’eau, au lieu d’être un atout, soit un handicap. En principe, si c’est par effet de surprise que le Mono, la Sota et le Niger déversent le surplus de leurs eaux sur des régions entières, on pourrait comprendre. Seulement, ce n’est pas le cas. Et à présent, en l’espace d’à peine quelques semaines de débordement des fleuves, pour les sinistrés, il faut tout reprendre à zéro.
Pis, les plus malheureux devront le faire sans la présence physique des êtres chers. Particulièrement cette année, avec des sinistrés qui, malgré les indices pluviométriques, persistent à laisser leur sort entre les mains de dame nature, le bilan risque d’être très lourd. C’est d’ailleurs en désespoir de cause que le ministère de l’intérieur s’évertue à sensibiliser et donner des consignes.
Mais, le vrai problème, c’est le comportement des populations face à l’eau. Jamais et au grand jamais, elles n’anticipent les mesures de sécurité. Pourtant, entre s’éloigner pour quelque deux mois des tombes des parents défunts et subir les affres de la montée des eaux, il y a une erreur à ne pas commettre. De même, entre sa vie et l’attachement à la terre pour ne pas dire aux eaux, il y a des risques à ne pas courir.
C’est d’ailleurs pourquoi, au-delà de l’assistance et du secours qu’oblige la situation aux sinistrés, le gouvernement doit prendre ses responsabilités. Prévenir vaut mieux que guérir. D’où, avant la prochaine saison, la nécessité d’un plan d’urgence pour parer à toute éventualité. Déjà et comme parfois, on est obligé de faire le bonheur des gens contre leur propre volonté, à l’approche de la crue, il faut vider les périmètres à risques. De force, puisque des populations décidément têtues s’obstinent à garder leur position malgré les eaux, il faut les déloger.
Autrement, ce serait non-assistance à personne en danger. Et qu’on le veuille ou non, surtout que ce sont des zones où l’inconscience et l’indigence dépassent l’entendement, la faute serait largement partagée entre les collectivités locales et l’Etat central. Malheur donc à qui renonce à sévir pour sauver des vies. A défaut d’être condamné au tribunal des hommes, il portera sur sa conscience, le lourd fardeau de l’immobilisme et de la fatalité. Sinon, devant des obstinés de l’eau, il ne faut pas passer par quatre chemins : agir ou de regret, quand le bilan deviendra insupportable, mourir. Et ça, c’est le pire des destins !

13-09-2017, Angelo DOSSOUMOU


Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site Fraternité. Jolome News n’offre aucune forme de garantie sur le contenu de cet article.

Ajouter votre commentaire

Jolome Bénin © 2017 - bjnews (arobase) jolome.com