Politique
Angelo Dossoumou
Adrien Houngbédji

En vérité : Réformes pour les femmes !

Source: Fraternité


En vérité : Réformes pour les femmes !

La femme, les femmes…Avec le président Adrien Houngbédji aux commandes de l’Assemblée nationale, leur représentativité au parlement est décidément devenue une obsession. Suite à la dernière conférence parlementaire pour leur promotion à l’hémicycle, la flamme du féminisme est même très ardente. Tellement intense, que le législateur s’impatiente déjà de féminiser le code électoral.
Enfin, avec le lobby des élites féminines, deux réformes majeures se préparent au Palais des gouverneurs à Porto-Novo. D’abord, celle relative au système partisan. Puis, la relecture au profit des femmes, de l’article 350 et suivants du code électoral. En somme, un boulevard exclusif pour booster la présence du sexe faible au Parlement. Houngbédji y tient comme à la prunelle de ses yeux. Œuvrer pour des lendemains meilleurs à la femme politique et au-delà, à la femme tout simplement, personne ne peut en vouloir à Houngbédji pour ça.
Mais, j’ai bien peur que la précipitation n’annihile ses efforts. Et, qu’à l’épreuve de la sociologie, les textes, même s’ils s’avéraient conformes à la Constitution, ne soient, en définitive, qu’une farce.
Evidemment, des questions aussi cruciales ne trouvent réponse qu’avec le temps. En clair, il ne suffira pas de quelques séminaires, de réflexions de femmes intellectuelles et de textes votés pour espérer que, comme par magie, les rapports sociologiques et les mentalités changent.
En vérité, le débat sur la réforme du système partisan et surtout pour faciliter la représentativité des femmes au parlement doit descendre à la base. Dans nos différentes contrées, chaque Béninois devrait avoir droit à la parole. Après ça, il revient au législateur de tenir compte des subtilités juridiques et d’éviter, à la fin, de se faire taper sur les doigts par la Cour constitutionnelle. Conséquence, rien ne sert de courir, il faut aller à point.
En plus, une société avec de nouvelles mentalités ne se décrète pas. Elle se secrète. Alors, une relecture du code électoral, c’est bien. Mais, un travail psychologique et une sensibilisation accrue à changer notre paradigme sociétal, c’est mieux. Quand c’est ainsi fait, quoi de plus normal que les textes qui s’ensuivent, soient couronnés de succès ?
Et s’il est dit que ce n’est pas avec les textes qu’on change une société, Houngbédji sait désormais à quoi s’en tenir. Jusqu’ici, les femmes dans la course aux sièges législatifs ont traîné les pas. Sans doute, en 2019, elles récidiveront. Peut-être même que cinq ans plus tard, les résultats ne seront pas encourageants.
Mais à la longue, si la stratégie est bien pensée, la volonté à dynamiser le leadership féminin et à concéder plus de places à la femme à l’hémicycle toujours manifeste, tôt ou tard, les fruits tiendront la promesse des fleurs. Déjà, Houngbédji peut se rassurer. Son engagement pour la promotion de la femme, ne sera jamais lettre morte. Car, quelle que soit la longueur de la nuit, le jour finit toujours pas se lever. Et ce jour, des femmes plus politiquement engagées, ce n’est pas seulement une histoire de loi. Ni plus ni moins, ce sera, à coup sûr, la résultante des changements de mentalités et d’un terreau juridique plus favorable. Mais avant, aux femmes de nous dire, si vraiment elles sont prêtes à tenir la route. En tout cas, la balle est dans leur camp !

23-01-2018, Angelo DOSSOUMOU


Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site Fraternité. Jolome News n’offre aucune forme de garantie sur le contenu de cet article.

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