Politique

Maladies cardiovasculaires : Tout savoir en 6 questions

Source: Le Matin Libre

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1- Comment les béninois entretiennent ils leur santé cardiovasculaire ?

La notion de santé cardiovasculaire ne me semble pas être bien connue dela majorité des béninois. La santé cardiovasculaire des béninois est caractérisée par :
-    Une connaissance insuffisante des maladies cardiovasculaire liée en partie à un manque d’information  
-    Un dépistage insuffisant de ces maladies
-    Une prévention peu organisée
-    Une faible capacité de prise individuelle et collective

2- Qu’est ce qui justifie la fréquence des maladies cardiovasculaires de nos jours ?

Les facteurs qui contribuent à une augmentation des maladies cardiovasculaires dans le monde sont : une augmentation de l’espérance de vie, le stress imposé par la complexité du fonctionnement des sociétés qui sont de plus en plus dérégulées, le changement du mode de vie avec la baisse des activités physiques et une modification qualitativement mauvaise de l’alimentation, l’adoption d’habitude de vie nocive à la santé comme le tabagisme, l’augmentation de fréquence de certaines maladies comme le diabète qui sont de gros pourvoyeurs de maladie cardiovasculaires

3- Le Bénin a-t-il une politique globale de prise en charge des maladies cardiovasculaires ?

Le Bénin a le mérite d’avoir mis  en place le Programme National de Lutte contre les Maladies Non Transmissibles. Et les maladies cardiovasculaires font partie des maladies non transmissibles. Des actions de prévention sont entreprises dans ce cadre dont il faut saluer l’existence et améliorer les performances dans le domaine particulier de la prévention cardiovasculaire. La situation est moins intéressante en ce qui concerne le traitement effectif des maladies cardiovasculaires déclarées. Même si les autorités ont toujours été conscientes de la nécessité d’améliorer la situation et ont posé des actes dans ce sens,  je ne connais pas de planification effective d’une politique hospitalière cohérente et durable pour la gestion des maladies cardiovasculaires. Aux  actions efficaces entreprises à différentes périodes ont succédé  des lendemains plutôt déprimants. Deux exemples illustrent cette situation. Le premier exemple est celui du CNHU. Le service de cardiologie du CNHU qui est le service national de référence n a jamais eu  le niveau d’équipements, de consommables et de médicamentsqu’ il faut. Le deuxième exemple est celui du service de cardiologie de l’Hôpital d’Instruction des Armées de Parakou. Ce service a  été créé en 2011 avec un plateau technique optimal pour notre niveau de développement. Il  était le service de cardiologie le plus équipé du Bénin et le seul service de cardiologie équipé des régions du centre et du nord de notre pays. Après un bon démarrage et des performances appréciées des populations et des autorités,  il est devenu rapidement moins performant puis actuellement est  en état  de cessation de fonctionnement avec un équipement chèrement acquisnon utilisé. c’est dire que nous devons faire mieux par respect  et pour une meilleure santé de  nos populations.

4- Le Bénin possède-t-il le plateau technique pour la prise en charge des maladies cardiovasculaires ?

Le niveau d’équipement est faible et aléatoire. Un effort d’équipement et de maintenance s’impose

5- Comment peut-on prévenir les affections cardiovasculaires ?

Les actions nécessaires à une bonne  prévention des affections cardiovasculaires  doivent être entreprises à trois niveaux  Il y a des actions à entreprendre par les professionnels de la santé, celles  qui relèvent des attributions des  autorités et enfin celle qui sont de la responsabilité individuelle
Les professionnels de la santé doivent procéder à l’étude de la situation des maladies cardiovasculaires et concevoir les actions de communication pour un changement de comportement par rapport aux maladies cardiovasculaires et aux facteurs qui engendrent leur survenue. Puis ils doivent s’impliquer dans la mise en œuvre de ces actions, ce qu’ils font assez bien mais encore à une échelle faible, en partie par manque de logistique et d’organisation. Ainsi, les études dans notre pays ont montré que l’hypertension artérielle ( HTA)  est présente chez  un  béninois adulte sur 3 environ et que la majorité des personnes atteintes ne savent pas qu’elle sont porteuses de cette maladie. Ces études ont montré aussi que l’HTA est favorisée ou aggravée par l’excès de consommation de sel, l’excès de poids, le stress, l’insuffisance de consommations de fruits et légumes. Elles ont montré aussi que cette HTA engendre  d’autres maladies qui sont :
-    Au niveau du  cœur, l’insuffisance cardiaque qui est une   défaillance du cœur entrainant  un essoufflement),
-    Au niveau du cerveau  une souffrance cérébrale  par hémorragie dans le cerveau ou privation d’une partie du cerveau en oxygène appelée accident vasculaire cérébral)
-    Au niveau du rein l’insuffisance rénale  qui est  une insuffisance de la fonction d’épuration des reins avec une  accumulation d’eau et de substances toxiques que devrait évacuer le rein.
Des actions de sensibilisation sont régulièrement entreprises par les professionnels de santé  dans le cadre de différentes organisations et dans le cadre des actions du Programme National de lutte contre les Maladies Non Transmissibles.
 Les autorités ont mis en place des actions dans le cadre de la santé publique. Il est souhaitable que ce  soutien à la prévention cardiovasculaire soit plus ferme et plus constant avec l’aide renforcée des institutions internationales.

Les actions individuelles comportent :
-     la lutte contre la sédentarité avec un exercice physique soutenu et  régulier,
-     la diminution de la consommation de sel d’alcool et de matières grasses,
-     une consommation régulière et substantielle de fruits et légumes selon les conseils des nutritionnistes ( 5 potions de fruits et légumes par jour),
-    une surveillance du poids corporel et de la tension artérielle dans le cadre d’une consultation annuelle chez un docteur en médecine

6- Quel est le lien entre vieillissement des populations et les  maladies cardiovasculaires ?

La surveillance des paramètres de fonctionnement des organes au cours de plusieurs décennies dans différentes populations a montré que l’augmentation de l’âge notamment au-delà de 45- 50 ans était un facteur corrélé à la survenue de nombreuses maladies comme :
-    l’HTA,
-   l’athérosclérose qui est un encrassement de l’intérieur des artères à l’origine de crises cardiaque graves souvent mortelles ou de perturbations de la circulation sanguine dans les membres pouvant aboutir à la nécessité d’amputation , ou de perturbation de la circulation du cerveau pouvant entrainer  une paralysie des membres ou une démence
-    la thrombose veineuse (coagulation de sang dans les vaisseaux assurant la circulation retour vers le cœur) qui peut engendre comme complication une perturbation du fonctionnement des poumons qui peut être mortelle)
-    les troubles du rythme cardiaque
-    etc…

Le mécanisme est une altération avec l’âge  du fonctionnement de certains tissus essentiels.

Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site Le Matin Libre. Jolome News n’offre aucune forme de garantie sur le contenu de cet article.

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