Société
Sanni Kouré
Déguénon Abdon

Pour coups mortels : 8 ans de réclusion criminelle pour Badoudi Sanni Kouré et Badoudi Bio Djaboto

Source: Le Matin Libre

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La cour présidée par Adéoti Karimi assisté de Batamoussi Essowè et de Goundété Winock Gildas, après en avoir délibéré conformément à la loi, a déclaré les accusés Badoudi Sanni Kouré et Badoudi Bio Djaboto, coupables de coups mortels et les a condamnés à 8 ans de réclusion criminelle. Ils retournent en prison pour trois années encore.

Résumé des faits

Sanni Badoudi est un sexagénaire polygame de son état, il est père de plusieurs enfants et est domicilié à Kabongourou, arrondissement de Firou dans la commune de Kérou. Pour éviter qu’après sa mort ses biens notamment les bœufs qu’il possède ne soient accaparés par certains de ses enfants au détriment des autres, il a donc décidé de les leur partager de son vivant.  C’est ainsi que les frères utérins Koura et Kouré Sanni Badoudi ont reçu ensemble un bœuf qu’ils ont vendu à la somme de deux cent mille francs Cfa afin de s’acheter une motocyclette. Mais l’acheteur ne leur a versé qu’une avance de cent mille francs Cfa. Curieusement, Badoudi Sanni Kouré s’est rendu entre temps chez l’acheteur à l’insu de son frère Koura pour percevoir une somme de soixante mille francs Cfa sur le reliquat du prix de vente de l’animal. Informé, Koura a décidé le mercredi 23 Janvier 2013 de le vider de la chambre, corps et biens. Cette opération a dégénéré en une bagarre au cours de laquelle Kouré s’est servi d’un tabouret pour assener un violent coup à la tempe de son frère qui s’écroula. Le cousin Badoudi Bio Djoboto qui, entre temps était appelé à l’aide par Kouré, s’est également emparé d’un bâton pour frapper à son tour Koura à la tête. C’est ainsi que ce dernier a succombé des suites des coups reçus lors de son évacuation vers un centre de santé.

Les débats

Badoudi Sanni Kouré et Badoudi Bio Djaboto sont les deux accusés qui étaient à la barre pour répondre des faits de coups mortels qui leur sont reprochés. Badoudi Sanni Kouré devant la cour a reconnu les faits mais a précisé que ce n’est pas lui qui a porté le coup sur la tête de la victime. Badoudi Bio Djaboto a également reconnu les faits et a varié par rapport à ses déclarations antérieures tant à l’enquête préliminaire que chez le magistrat instructeur.

Le ministère public représenté par l’avocat général Léon Pape Parfait Yéhouénou dans un long réquisitoire, a relevé que les deux accusés ont sérieusement varié dans leurs déclarations, ce qui témoigne de leur volonté de dérouter la cour. Après avoir démontré que l’infraction de coups mortels est constituée parce que les éléments légal, matériel et intentionnel sont réunis relativement aux faits de la cause. L’avocat général a insisté sur les parties visées par les coups notamment la tête de la victime, pour démontrer que les accusés avaient l’intention de donner la mort à la victime et ont agit volontairement pour avoir ce résultat. C’est au regard de ce fait, qu’il a évoqué les dispositions de l’article 350 du Code de Procédure Pénale, pour demander la disqualification des faits de coups mortels en meurtre. Les accusés étant accessibles à la sanction pénale, l’avocat général a requis que la cour les déclare coupables et les condamne à 20 ans de réclusion criminelle.

Pour Me Bah Salifou Mouftaou et Me Déguénon Abdon avocats de la défense aux intérêts des deux accusés, leurs clients n’ont pas varié dans leurs déclarations contrairement aux allégations du ministère public. Les accusés n’ont apporté que des précisions à la cour. Ils ont demandé à la cour de ne pas suivre le ministère public qui sollicite la disqualification des faits de coups mortels en meurtre, ils estiment par ailleurs, exagérés les 20 ans de réclusion criminelle requis par l’avocat général. Les avocats de la défense ont plaidé la légitime défense et l’excuse de provocation, parce que la victime est allée vandaliser la case et la moto de son petit frère Kouré et l’a attaqué avec une hachette. Ils n’ont pas manqué de dénoncer les conditions dans lesquelles, l’enquête préliminaire a été réalisée, de même que l’absence au dossier des armes blanches utilisées pour porter les coups au cours de la bagarre. Les avocats de la défense ont sollicité de la cour qu’elle permette à leurs clients de retourner chez eux afin de soulager les peines de leur papa qui est le grand perdant dans cette affaire, à cause du décès de son enfant et l’emprisonnement de deux autres depuis 5 ans.

Albérique HOUNDJO
(Br Borgou-Alibori)

Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site Le Matin Libre. Jolome News n’offre aucune forme de garantie sur le contenu de cet article.

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