Politique
Aziz Badarou

Respect des engagements pris au sujet de la PF : Le Bénin, mauvais élève !

Source: Le Matin Libre

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(De nouveaux engagements pris au sommet de Londres)
Dans la dynamique d’un repositionnement de la planification familiale, le gouvernement béninois a pris d’importants engagements à la Conférence d’Addis Abeba en Novembre 2013 et récemment le 11 juillet 2017 au Sommet de Londres. Le hic est que la quasi-totalité des engagements pris en 2013 sont loin d’être respectés et les récents engagements pris à Londres semblent ne plus être une priorité pour le gouvernement. Quelle image pour un pays qui prend des engagements à la face du monde et qui ne les respecte pas ?

Huit importants engagements ont été pris par le Bénin à la Conférence d’AddisAbeba en 2013. Il s’agissait de faire passer le taux de prévalence contraceptive (Tpc) à 20% au plus tard en 2018 ; d’augmenter aussi progressivement le montant alloué à l’achat des produits contraceptifs à 250 millions de F Cfa ; de réviser les politiques, normes, et protocoles, pour renforcer la délégation de tâches et améliorer la santé reproductive ; de disséminer la déclaration de politique de population national (Depolopo) ; de développer une stratégie de contractualisation avec le secteur privé dans le cadre de la Pf ; d’assurer la disponibilité et l’accessibilité des produits contraceptifs sur toute l’étendue du territoire national en impliquant les relais communautaires ; de rendre gratuit au plus tard en2015 l’accès aux méthodes modernes de contraception dans les formations sanitaires publiques pour la couche des adolescents et jeunes ; de renforcer la communication autour de la Pf notamment au niveau des groupe cibles (femmes exprimant un besoin non-satisfait, les adolescents et jeunes). En ce qui concerne le premier engagement relatif au taux de prévalence contraceptive, le Bénin reste l’un des pays ayant le plus faible Tpc. Le taux de prévalence contraceptive du Bénin tourne encore autour de 12,5% ou 17% selon d’autres sources. Ceci, à quelques mois de l’échéance, soit décembre 2018. Si à la Conférence d’Addis Abeba en Novembre 2013, le gouvernement béninois a pris l’engagement d’augmenter progressivement le montant alloué à l’achat des produits contraceptifs à 250 millions de F Cfa à l’horizon 2018, il s’est à nouveau engagé avec les pays du Partenariat de Ouagadougou à augmenter d’au moins 10% par an sa part contributive dans le budget alloué auxdits achats. Chose curieuse, le montant alloué aux achats des produits contraceptifs tourne aujourd’hui autour de 100 millions de Fcfa et la sécurisation de la ligne d’achats des produits contraceptifs sur la ligne médicament du Ministère de la santé n’est toujours pas effective. L’accessibilité, la disponibilité des produits contraceptifs continuent d’être un véritable problème. La preuve, les besoins non satisfaits sont aujourd’hui de 33%. Le constat est aussi déplorable en ce qui concerne les autres engagements et le Bénin s’illustre simplement comme un mauvais élève en matière de respect  des engagements pris sur le plan international pour la maîtrise de la fécondité par la planification familiale. Malgré le plaidoyer des Organisations de la société civile, les autorités béninoises n’ont pu rendre opérationnelles, les politiques qui s’imposent pour faire passer la barrière des 20% de taux de prévalence contraceptive au Bénin à l’horizon 2018. Chose curieuse, le Bénin ne s’est pas abstenu de prendre récemment de nouveaux engagements précisément le 11 juillet 2017…

De nouveaux engagements pris à Londres…

A l’instar des autres pays du Partenariat de Ouagadougou, le Bénin s’est engagé, au Sommet de Londres en juillet 2017, à sécuriser et augmenter d’au moins 10% par an, la part contributive du gouvernement dans le budget alloué à l’achat des produits contraceptifs. Le Bénin s’est également engagé à mettre en place une approche inclusive de mobilisation de ressources impliquant les collectivités territoriales décentralisées afin de garantir la redevabilité vis-à-vis du financement de la santé de la population ; mettre en œuvre une deuxième génération de Plan d’action national budgétisé, avec de nouveaux taux de prévalence contraceptive à atteindre d’ici 2020, tout en y intégrant les stratégies à hauts impacts recommandées par la réunion ministérielle de décembre 2015 à Dakar. Le Bénin s’est aussi engagé à mettre en œuvre et/ou à passer à l’échelle, les stratégies porteuses de délégation de tâches sur les méthodes de longue durée d’action, des injectables et d’offre initiale de la pilule… etc, en vue de renforcer l’offre de services de Planification familiale au niveau communautaire à travers une gamme complète de méthodes modernes de contraception. Des actions pertinentes ont été annoncées pour favoriser l’extension et le renforcement de l’offre de services de la Pf  et réduire considérablement les ruptures de stocks des produits contraceptifs en renforçant les chaînes d’approvisionnement, afin de garantir une offre de services continue, accessible, et de qualité aux populations. D’importants engagements qui devront d’une manière ou d’une autre solutionner les préoccupations liées à l’offre, l’accessibilité, la disponibilité des produits contraceptifs. Mais le Bénin respectera-t-il ces nouveaux engagements ? La question reste toute posée…

Aziz BADAROU

Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site Le Matin Libre. Jolome News n’offre aucune forme de garantie sur le contenu de cet article.

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