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« South Africa Women’s day » à Cotonou : La femme sud-africaine célébrée hier

Source: Le Matin Libre

South-Africa-Womens-day

Le 9 Août de chaque année, l’Afrique du Sud célèbre la Journée de la femme (Woman’s day).  Hier jeudi à la résidence de l’ambassadrice sud-africaine près le Bénin, la tradition a été respectée. Dans une ambiance festive, le toast a été porté en hommage à toutes les femmes du monde.

C’est dans un magnifique décor, le drapeau arc-en-ciel flottant sous le vent naturel de l’Océan Atlantique, que la fête a eu lieu. Côté gouvernement béninois, une femme : Marie Odile Attanasso, ministre en charge de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientique. Dans le rang des diplomates, deux autres femmes : l’ambassadrice des Etats Unis près le Bénin, Lucie Tamlyn et son homologue du Niger et doyenne du corps diplomatique, Sandi Abdou Sahad. Bien d’autres invités d’honneur étaient de la partie. Après l’exécution des hymnes nationaux de l’Afrique du Sud et du Bénin, l’ambassadrice du pays arc-en-ciel, Noluthando Mayende-Sibiya livre son message. Elle souligne que l’année 2017 marque le 61ème anniversaire de la manifestation des femmes de toutes races, classes et persuasions religieuses qui ont marché vers l’ « Union Buildings », siège du gouvernement, pour protester contre les lois injustes prises envers elles. « Cette marche a marqué un moment crucial dans le rôle des femmes dans la lutte pour la liberté dans notre pays », précise la diplomate sud-africaine. Mais depuis lors, quel est l’état des lieux quant aux conditions féminines ? Son Excellence Noluthando Mayende- Sibiya a fait savoir beaucoup d’efforts ont été faits depuis les 23 dernières années pour la parité ainsi que la qualité de vie de la femme sud-africaine où qu’elle se trouve. Elle mentionné, entre autres, l’accès à l’éducation des femmes, le vote de lois en vigueur pour permettre aux femmes une plus grande participation à l’économie et au développement du pays. Cependant, déplore-t-elle, les violences faites aux femmes sévissent toujours en Afrique du Sud en dépit des efforts faits. « Les femmes représentent encore une minorité dans le milieu professionnel », ajoute-t-elle. Et comme thérapie de choc pour combattre la pauvreté et stimuler le développement durable, l’ambassadrice propose la promotion de la parité. Et son appel pour finir : « L’émancipation des femmes doit se faire à tous les niveaux de la société : civile, politique et économique pour faire tomber les barrières qui freinent encore cette émancipation ».  A écouter à la suite la représentante du gouvernement béninois, la ministre Attanasso et l’ambassadrice du Niger, même si des femmes d’autres pays du continent n’ont pu faire comme ces femmes sud-africaines il y a 61 ans, il faut tout même faire observer que les conditions féminines  restent semblables. D’où l’invite à poursuivre la lutte et surtout un changement de mentalité au niveau des hommes pour une représentativité plus significative des femmes dans les instances de prise de décisions.

Il faut préciser que la fête à Cotonou, a pris fin par un déjeuner sur une belle animation musicale assurée par la star béninoise Zeynab et son orchestre. Mtn-Bénin n’était pas du reste.

Bref historique…

A l’origine de cette Journée de la femme (Woman’s day), la marche des femmes sud-africaines du 9 août 1956. En effet, en 1956, à l’initiative de certaines femmes têtes de pont, à savoir : Lilian Ngoyi, Helen Joseph, Albertina Sisulu et Sophia Williams-De Bruyn, une marche de protestation a été organisée après des pétitions signées contre une loi qui, non contente de la ségrégation, voulait imposer aux femmes noires un « pass » identitaire qui permettrait d’enfreindre encore leurs droits.  Plus de 20 000 sud-africaines, toutes races confondues, sont donc descendues dans les rues de Pretoria pour protester contre cette législation. Ces femmes ont marché groupé dans les rues, en chantant l’hymne composée pour l’occasion « Imbokodo Wathint ‘Abafazi Wathint’! » (Maintenant, vous avez touché les femmes, vous avez frappé un rocher). Les manifestantes ont ensuite déposé des paquets contenant de plus de 100 000 pétitions signées dans les bureaux du Premier ministre de l’époque, puis ces femmes se sont tenues droites, unies en silence pendant trente minutes devant l’Union Buildings.

Il a fallu attendre 1994 pour que la nouvelle Afrique du Sud libre et démocratique fasse du 9 août un jour férié qui rend hommage aux femmes de la nation arc-en-ciel qui ont combattu sans relâche contre la tyrannie du gouvernement de l’Apartheid.

Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site Le Matin Libre. Jolome News n’offre aucune forme de garantie sur le contenu de cet article.

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