Politique
Moïse Dossoumou

Un bel exemple d’intégrité

Source: Fraternité


Un bel exemple d’intégrité

Pour beaucoup, l’intégrité n’est qu’un mot, un état de perfection absolue. Mais pour certains, c’est une manière de vivre, un choix, une habitude. Certes, ils ne sont pas nombreux, ceux qui font l’option de rester fidèles à leur idéal toutes les fois qu’ils sont soumis à la tentation de s’accaparer du bien d’autrui. En Afrique et particulièrement au Bénin, c’est une entreprise difficile et délicate que de s’aventurer, contre vents et marées, sur le chemin de la vertu. Dans la jungle de la société contemporaine où la facilité et les vices ont pignon sur rue, il faut avoir une personnalité hors du commun pour résister à toute tentation. Pour les férus du gain facile, les postes politiques sont le raccourci idéal pour s’en mettre plein les poches. Heureusement qu’il y en a qui conservent leur lucidité face à l’appât du gain.
Le Professeur Iba Der Thiam, de nationalité sénégalaise, agrégé de son état fait parler de lui depuis peu. Ex député, il a perdu son siège au terme des législatives du dimanche 30 juillet 2017. Se fondant sur les résultats provisoires publiés par la Commission nationale de recensement des voix, il s’est débarrassé dès les jours qui ont suivi des avantages liés à sa fonction. Par un courrier en date du 05 août 2017 adressé au secrétaire général de l’Assemblée nationale de Dakar, il a retourné sa carte électronique de consommation de carburant avec un solde de 1 469 840 francs. Il y a joint 100 litres de carburant sous forme de ticket valeur. A sa place, d’autres, voyant leurs avantages partir en fumée, se seraient dépêchés de monnayer ou de détourner cette dotation de carburant. Mais le Professeur Iba Der Thiam qui fut aussi ministre et vice-président du parlement de son pays est resté au-dessus de la mêlée.
Ce bel exemple de transparence et d’intégrité fait cruellement défaut aux élites africaines et aux politiciens qui sont frénétiquement à la quête de la satisfaction de leurs intérêts. Dès qu’ils parviennent à se faire élire ou à se faire positionner à un poste stratégique, ils ne pensent qu’à tirer le maximum des ressources publiques. L’exemple du Bénin est typique de ce comportement antirépublicain. Dans sa volonté d’assainir les mœurs publiques et de lutter contre l’enrichissement illicite, le législateur a imposé à un certain nombre de responsables politiques et administratifs de déclarer leurs biens tant à l’entrée qu’à la sortie de fonction. Mais force est de constater que les personnes concernées par cette disposition législative rechignent à s’y conformer.
Au Bénin, il est largement répandu dans l’opinion que le meilleur moyen d’accéder rapidement à la richesse est d’emprunter les escaliers politiques. Ils sont nombreux ces hommes et femmes qui s’adonnent à la chose politique dans le but de conforter leurs finances. Ils sont prêts à toutes les contorsions pour parvenir à leurs fins au détriment de l’intérêt général. Les nombreuses campagnes de moralisation de la vie publique n’ont pas eu l’impact recherché. La République est toujours considérée comme une vache à lait par une minorité bien positionnée qui s’arroge tous les privilèges. Lorsque dans un contexte puant, des patriotes de la trempe du Professeur Iba Der Thiam se démarquent du lot, il convient de les célébrer afin qu’ils servent de modèles au plus grand nombre. Même si une hirondelle ne fait pas le printemps, on ne perd rien à espérer des lendemains meilleurs.

9-08-2017, Moïse DOSSOUMOU


Cet article a été relayé par un programme informatique depuis le site Fraternité. Jolome News n’offre aucune forme de garantie sur le contenu de cet article.

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